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Source : Les écoles acadiennes en Nouvelle-Écosse 1758-2000 par Sally Ross

C’est seulement après une lutte prolongée que les Acadiens ont réussi à obtenir les écoles publiques homogènes en français. À présent, le Conseil scolaire acadien provincial (CSAP) comprend 22 écoles avec une population totale de 5 285 élèves. D’après les prévisions les plus récentes, cette population dépassera les 6 000 élèves au cours des cinq prochaines années. Toutefois, il existe encore de grands défis à surmonter. L’assimilation et le manque d’infrastructure socioéconomique, y compris des écoles, empêchent la rétention des jeunes dans leur communauté. Il faudrait qu’ils puissent avoir accès à une éducation en français et des postes francophones ou bilingues ici en Nouvelle-Écosse. Autrement, ils vont continuer à quitter la province pour aller vivre et travailler en français ailleurs au pays.

Combien de personnes font partie de la communauté acadienne, francophone et francophile de Halifax?

Selon le recensement de 2016, la population de Halifax Centre était 316 701. La population bilingue française-anglaise/anglaise-française sur ce même territoire était de 49 590 personnes. Cela représente 15,7 % de la population totale (ce total inclut 12 230 personnes de langue maternelle française). Ce nombre ne tient pas compte des Acadiens anglophones, des ayants droit selon l’article 23 de la Charte. Nous serons bientôt en mesure d’estimer le nombre d’ayants droit non recensés qui habitent à Halifax. Lorsque notre étude sera complétée, nous ajouterons ce nombre à ces statistiques.

La ligne du temps ci-dessous est un résumé historique du long parcours suivi par la minorité francophone de la Nouvelle-Écosse pour obtenir une éducation en français dans les écoles publiques.

 

LIGNE DU TEMPS

 

1763-1820 – Au lendemain de la Déportation et du Grand Dérangement, presque tous les Acadiens en Nouvelle-Écosse sont analphabètes. Certains d’entre eux avaient pu éviter la Déportation, d’autres avaient été emprisonnés et d’autres étaient revenus d’exil. Ils seront marginalisés pendant longtemps à cause de leur langue et de leur religion.

 

1820-1865 – Graduellement les petites écoles publiques sont établies dans les villages acadiens à travers la province. À cette époque, seulement un petit nombre d’enfants fréquentent l’école. Pour la plupart des familles, l’éducation est un luxe qu’elles ne peuvent pas offrir à leurs enfants.

 

1841 – La loi scolaire de 1841 place le français, le gaélique, l’allemand et l’anglais sur un pied d’égalité comme langues d’instruction. Cette permission officielle semble avoir duré seulement quelques années. L’anglais redevient la langue officielle du système scolaire. Le français est toléré comme langue d’instruction uniquement pour faciliter l’apprentissage de l’anglais.

 

1854 – La fondation de l’École Normale à Truro en 1854 assurera la formation des enseignants. Les Acadiens et les Acadiennes commencent à fréquenter l’École Normale en grand nombre à partir des années 1880. Mais tous les cours se font en anglais. Le premier professeur de français, J. Édouard Comeau, est embauché en 1930.

 

1864 – La Loi scolaire de 1864 (Free School Act ou Tupper Act) facilite la construction de beaucoup de petites écoles partout dans la province. En principe l’école est gratuite et non confessionnelle. À Sydney et à Halifax, les écoles catholiques et protestantes sont séparées. Ailleurs dans la province où les catholiques forment la majorité, les leçons de catéchisme avaient lieu pendant les heures régulières.

 

1893-1972 – Pendant toute cette période, il y eu des examens provinciaux obligatoires en Nouvelle-Écosse (principalement à la fin de la 11e et de la 12e année). Tous les examens étaient en anglais, donc les Acadiens étaient désavantagés. Dans les écoles acadiennes, les enseignants pouvaient faire des classes en français, mais les manuels scolaires étaient en anglais ou bilingues.

 

1902 – Le gouvernement provincial crée la Commission acadienne qui fait trois recommandations : 1) la création de cours d’été bilingues pour les enseignants; 2) l’utilisation de recueils de textes français pour les quatre premières années de l’école élémentaire; 3) la création d’un poste d’inspecteur d’écoles bilingues ou acadiennes. D’après le rapport du premier inspecteur, Louis A. d’Entremont, il y a 88 écoles bilingues en 1910.

 

1963 – Le gouvernement fédéral crée la Commission royale d’enquête sur bilinguisme et le biculturalisme. Ses recommandations sont publiées en 1966.

 

1969 – La Loi sur les langues officielles est adoptée à Ottawa. Un des buts de la loi est « d’appuyer le développement des minorités francophones et anglophones et, d’une façon générale, de favoriser, au sein de la société canadienne, la progression vers l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais. »

 

1970 – Le gouvernement fédéral crée le Programme des langues officielles qui fournit des fonds pour l’apprentissage et l’enseignement du français (langue de la minorité et langue seconde).

 

1970-1980 – Avec l’aide financière du programme fédéral ci-dessus, on procède à la mise en place graduelle des programmes en français dans les écoles acadiennes au niveau élémentaire.

 

1974 – Le premier cours de français (langue maternelle) et le premier cours d’histoire acadienne sont introduits au niveau secondaire. Ce sont les seuls cours offerts en français au niveau secondaire en Nouvelle-Écosse.

 

1981 – L’adoption par l’Assemblée législative de la Loi 65 qui confère à l’école acadienne un statut légal.

 

1982 – L’adoption de La Charte canadienne des droits et libertés. L’article 23 de la Charte « garantit des droits scolaires aux minorités linguistiques en assurant aux parents le droit de faire instruire, dans des établissements publics, leurs enfants aux niveaux primaire et secondaire dans la langue de la minorité francophone d’une province. »

 

1983 – En réponse aux stipulations de la Charte canadienne, le ministre de l’Éducation publie la « Déclaration de la politique concernant les écoles acadiennes ». Ce texte explique les buts de l’école acadienne et donne les lignes directrices au sujet de la langue d’instruction et de l’implantation des programmes au niveau élémentaire et secondaire.

 

1981-1995 – La mise en place des programmes de langue française au niveau secondaire (de la 7e à la 12e année) se fait très lentement et avec beaucoup de résistance de la part de certains parents. Les élèves qui veulent suivre la programmation anglaise sont dans les mêmes écoles que ceux qui veulent suivre la programmation française.

 

1996 – Le Bill 39 est adopté à l’Assemblée législative de la Nouvelle-Écosse le 8 janvier 1996, créant ainsi le Conseil scolaire acadien provincial (CSAP).

1990-2000 – Grâce aux revendications judiciaires et aux amendements à la Loi sur l’Éducation, les Acadiens et les francophones de la Nouvelle-Écosse obtiennent la gestion scolaire, la programmation entièrement française au niveau secondaire, les écoles homogènes (où tous les élèves suivent les programmes français) et la construction de centres communautaires.

 

2000-2018 – Suite à la demande grandissante d’éducation en français, le nombre d’élèves inscrits dans les écoles du CSAP à Halifax et à Dartmouth a augmenté considérablement. Il y a maintenant une école acadienne à Chezzetcook (Beaux-Marais), à Lower Sackville (École du Grand Portage) et dans la péninsule de Halifax (Mer et monde).

Histoire des écoles acadiennes -  Sally Ross

Présentation de Sally Ross à la résidence de l'honorable Arthur LeBlanc, lieutenant gouverneur, le 27 février 2018

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